Dans son édition du 23 février, Paris-Normandie évoque une lettre du Maire de Rouen s’étonnant auprès du Maire de Grand-Quevilly que notre ville commande une étude sur l’avenir des terrains Allorge, avenue des Canadiens, où se déroulent les entrainements des jeunes du FCR. Cette polémique a tout du faux débat, que Pierre Albertini tente d’introduire dans sa campagne électorale, annonçant que Grand-Quevilly veut mettre la capitale normande “sous tutelle”… Rien que ça ! Selon lui, nous voudrions racheter de force ces terrains, qui appartiennent à Rouen.
La réalité est beaucoup plus simple, et il me tient à coeur de la rétablir, comme élu de Grand-Quevilly mais aussi comme avocat praticien du droit de l’urbanisme : les terrains Allorge étant situés sur le territoire de notre commune, le conseil municipal de Grand-Quevilly a simplement voulu permettre au Maire d’exercer le droit de préemption, si un jour la ville de Rouen voulait s’en séparer. Cela signifie seulement que, dans cette hypothèse, Grand-Quevilly aurait la priorité pour le rachat des terrains, qui ne pourraient donc être vendus sans notre avis. C’est bien la moindre des choses, alors que l’avenir de ce vaste espace pèsera nécessairement sur celui de toute la ville (population, écoles, impôts, emplois, etc.) !
Mais, pour autoriser la préemption, la loi oblige la collectivité qui achète à présenter un projet d’aménagement. C’est pourquoi Grand-Quevilly a commandé l’étude évoquée par le journal. En d’autres termes, cette étude conditionne la possibilité pour nous d’éviter à la population une mauvaise surprise sur les terrains Allorge… Après tout, n’est-ce pas mieux que d’assister en spectateurs impuissants à la perte éventuelle du site ? Ou faudrait-il laisser faire n’importe quoi par n’importe quel promoteur privé, alors que l’ancien hippodrome juste en face va connaitre un superbe aménagement ?
Reste qu’en aucune manière la capacité d’action que Grand-Quevilly se donne avec le droit de préemption ne lui confère le pouvoir de forcer la main à la ville de Rouen : c’est seulement si cette dernière décidait de mettre en vente les terrains Allorge que nous pourrions les acquérir ! Pierre Albertini le sait parfaitement, non seulement parce qu’il est universitaire en droit public, mais aussi parce qu’il a lui-même décidé, à son arrivée comme Maire en 2001, de geler un projet de cession alors à l’étude, preuve que Rouen conserve son libre choix.
En conclusion, je me demande pour qui ou pour quoi le Maire de Rouen prend les habitants de sa commune, à vouloir leur faire croire en une menace qui n’existe pas… A moins que, sur le fond, ce soit le fait de ne pas pouvoir décider seul des conditions d’une future vente qui le gêne ? Mais, alors, faut-il en déduire qu’il a l’intention de vendre ? Si non, où est le problème ? Si oui, à qui ? Et pour faire quoi ? Voici finalement la seule vraie question que pose sa réaction démesurée : que cache Pierre Albertini derrière cet écran de fumée ?
